Une balade le long du Louet, presque seuls ; un pêcheur non loin de là, c'est tout. Le Louet est bien bas. Des alevins qui filent se cacher sous les roches.

 

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Une cueillette sauvage dans les haies ; les mains griffées par les ronces et piquées par les orties ;  les mûres, ça se mérite.  Le port de manches longues et de pantalon long s'impose, même si on a trop chaud. (S'assurer auprès de la mairie que les haies ne sont pas traitées). Des confitures et de la gelée en perspective. En prime mes mains de vieille, sèches comme d'habitude.

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Des lectures d'été :

Prodigieuses créatures de Tracy Chevalier : Honnêtement, je n'aurais pas cru que l'histoire de Mary Anning, une des premières paléontologues, jeune fille issue d'un milieu populaire, mésestimée par les scientifiques, donc,  je n'aurais pas cru que cette histoire me transporterait autant. Oui, il s'agit de la découverte des premiers ichtyosaures. Au-delà de cela, il s'agit de la reconnaissance dans le milieu scientifique d'une femme d'un milieu modeste, et aussi d'une histoire d'amitié. L'auteur prend des libertés avec la réalité historique mais nourrit son histoire de faits scientifiques. Et cette histoire dans l'Histoire est d'une belle écriture et tient le lecteur, comme sait le faire un grand auteur. Une belle découverte. Merci à toi de me l'avoir recommandée.

Le Goût des pépins de pomme de Katharina Hagena : Une histoire de souvenirs et d'oubli, de réappropriation de la mémoire et des lieux. "A partir d'une certaine quantité de souvenirs, chacun devait finir par en être saturé. Si l'on n'oubliait rien, on ne pourrait pas non plus se souvenir de quoi que ce soit. Les souvenirs sont des îles qui flottent dans l'océan de l'oubli."

Les Saisons de Giacomo de Mario Rigoni Stern : Un été sans Italie, c'est un été sans soleil. A défaut de parcourir la péninsule, j'ai mis mon nez dans les pages de ce petit roman d'un grand auteur italien. Les Saisons de Giacomo, ce sont les saisons d'un jeune montagnard entre la première et la seconde guerre mondiale, entre l'adolescence et l'âge adulte, la vie simple et pauvre de ces gens de là-haut qui sont loin des préoccupations politiques du moment et qui ne les comprennent pas mais qui sont bousculés par l'Histoire.  "Giacomo, à son retour, raconta son expérience à Irene et Mario : c'était la première fois qu'il était allé loin de chez lui et qu'il avait voyagé en train. Il concluait son récit en disant que, après tout, chez nous c'était mieux que n'importe où ailleurs."

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La Fille du cannibale de Rosa Montero : Après Belle et Sombre et Instructions pour sauver le monde, j'ai poursuivi mon exploration de cette auteure à l'écriture singulière. Dans ces univers fermés sur eux-mêmes se croisent des personnages qui se lient presque par nécessité. Dans ce roman, Lucia Romero, une quadragénaire sans enfants, est victime de l'enlèvement de son mari. Aidée de Félix, un ancien anarchiste octogénaire et d'Adrian, un jeune voisin désoeuvré, elle va tenter de mener l'enquête. Il ne s'agit pas ici d'une histoire policière mais de l'aventure loufoque de ces protagonistes qui va révéler aussi Lucia à elle-même. Le récit d'une quadra pour une quadra ; même si je ne me sens pas du tout comme la protagoniste, je dois dire que le hasard se joue de moi. "Maintenant, je sais, par exemple, que nous devons supporter une deuxième puberté autour de la quarantaine. Il s'agit d'une époque frontalière aussi claire et définie que l'adolescence, de fait, les deux âges ont en commun des expériences  très semblables [..] on perd les restes de candeur qui nous restaient."

 

Très belle rentrée à vous !